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Editorial EDITO - Avril 2010 (Daniel De Bruycker)

Publié le 22 avril 2010

"Faut-il pleurer, faut-il en rire ?"(1)

 

"Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l'horizon", la flemme est l'habitude de l'homme.

Les (vraies) paroles de l'artiste ne s'éteindront pas avec lui, la preuve, puisqu'elles me permettent de mettre en exergue le talent d'un poète dont nous saluons le parcours engagé et fidèle dans ses convictions. C'est un de mes chanteurs préférés qui s'est éteint, et pour confirmer l'affirmation de survie de l'œuvre à l'artiste, j'ose quelques horribles jeux de mots sur pied de ces pieds de vers qui ont accompagné notre vie musicale et qui sont entrés dans la mémoire collective. La parodie, le pastiche, voire la transformation des dits vers n'est que le fruit de la force de ce qui est et restera un grand poète(1), et ce n'est pas Aragon qui me contredira.

Faut-il pleurer ? Oui, bien sûr, pour cette perte d'un talent incommensurable et incontestable.

Faut-il en rire ? Oui, parce que la vie continue, que grâce à lui nous allons pouvoir poursuivre cette démarche de ne pas accepter béatement ce qui est proposé mais au contraire, utiliser notre volonté à l'instar de son parcours, pour démontrer qu'il est possible d'envisager mieux, et que c'est la foi, non pas mystique, mais intellectuelle et fondamentale dans l'avenir de l'homme, qui nous épaule, nous guide, nous transcende et nous permet de rêver d'y arriver.

Pastichons à l'aise et sans remord, et affirmons avec qui veut, et pourquoi pas Aragon s'il était encore de ce monde, que "la flemme est l'habitude de l'homme".

Pourquoi une telle affirmation, apparemment incongrue dans le contexte en cours, absconse pour beaucoup, ou abstruse pour les rares qui préfèrent ce mot parce qu'original, peu usité et pourtant si évidemment explicite. - Mais si, faites le test, demandez à quelqu'un ce que signifie "abstrus", il vous répondra que c'est pas très clair pour lui, et c'est exactement ce que ça veut dire. Génial, non ? - Je m'égare du nord, comme l'hagard du même nom(2). D'autres auraient dit que je perds la boussole. Rassurez-vous, c'est fait depuis longtemps.

La flemme est l'habitude de l'homme ! Mais bon sang, pourquoi affirmer péremptoirement une telle assertion ? Parce que c'est malheureusement la stricte vérité. Le constat est vieux comme l'Homo sapiens sapiens, parce ça pionce un Homo sapiens sapiens, même qu'on est obligé de le répéter, le sapiens pour se convaincre qu'il l'est, des fois qu'une seule fois, ça ne suffirait pas. Et au vu des choses dans l'histoire, on devrait imaginer de trisser le terme (pas d'allusion déguisée à la politique belge), dans l'avenir de l'homme et de la femme pour atteindre enfin un peu plus de sérénité commune.

La procrastination(3) est une maladie pathologique ! Je n'invente rien. La fainéantise ou paresse, parce qu'extrêmement courante a été promue au rang de vice, voire de péché capital. L'oisiveté est la mère de tous les vices. Et j'en passe.

Pourquoi tant de haine ? Mais parce que le flemme est l'habitude de l'homme. Et qu'intellectuellement il faut s'en garder, on le sait, et il a fallu émettre des principes, des règles de conduite, des versets et des sourates pour essayer de canaliser cette absence d'énergie vers le néant, au profit du travail. On a même inventé les esclaves pour faire le boulot à la place des plus nantis. Lisez entre autres, le Siracide (livret de l'Ecclésiaste)(4) pour vous en convaincre.

Alors retroussons nos manches et mettez-vous au travail.

Non, je blague. Mais oui, je blague parce qu'il est grand temps pour nous d'arrêter de glander, de léguminer (mot nouveau mais apparemment déjà régulièrement utilisé), et de procrastiner. C'est dès maintenant, même depuis hier voire avant-hier, si c'est encore possible qu'ils nous faut nous activer pour préparer l'avenir de Péruwelz, travailler ensemble et utilement à la construction d'un groupe solide et efficace avec des idées, des projets, des éléments concrets de réalisation, non seulement à proposer mais aussi à mettre en place pour convaincre tout un chacun de notre réelle capacité de mener Péruwelz vers un avenir meilleur.

Parce que pour nous, c'est la flamme, notre flamme, celle du libéralisme sincère, qui est l'avenir de l'homme.

 

Daniel DE BRUYCKER - l'élu cubrationniste - avril 2010


1 . Ferrat Jean : artiste francophone (26/12/1930 - 13/03/2010) auteur-interprète de nombreuses chansons cultes, telles que "C'est beau la vie" (Claude Delécluse-Michelle Senlis/Jean Ferrat 1963), "La Montagne" (Ferrat 1964), "Que serais-je sans toi" (Aragon-Ferrat 1964) ou "On ne voit pas le temps passer" (Ferrat 1965) dont le premier vers du refrain est "Faut-il pleurer, faut-il en rire", ou encore "Aimer à perdre la raison" (Aragon/Ferrat 1971) et "La femme est l'avenir de l'homme" (Ferrat 1975) dont les premiers vers sont " Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l'horizon"

2. Référence à une BD/comic's américaine de Dik et Chris Browne, publiée entre autre dans le journal "Le Soir" : "Hagar Dunor, le viking". Pour les fans, il existe un site lui consacré : http://www.hagardunor.net.

3. La procrastination est la "tendance à remettre au lendemain". Wikipédia nous enseigne que la procrastination est un terme relatif à la psychologie qui désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions (qu'elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n'arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de gratification immédiate.

4. Le livre de l'Ecclésiastique, appelé aussi le Siracide ou encore La Sagesse de Ben Sira est l'un des livres sapientiaux de l'Ancien Testament écrit vers 200 avant J.-C. Le Siracide tient son nom de son auteur, Jésus Ben Sira (Ben Sira, Ben Sirakh, Ben Sirach), c'est-à-dire Jésus de Sirac. (source Wikipédia). Un des thèmes développés est l'esclavage, en son chapitre 33 : "Fais travailler ton esclave, tu trouveras le repos" (Si 33:26) - tout un programme !

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